1. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de chimie ?
2. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de physique ?
3. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de biologie ?
4. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de recherche ?
5. L’ESPCI ParisTech est-elle une école d’ingénieurs ?
6. L’ESPCI ParisTech, est-ce « TP-land » ?
7. De quel type de carrière l’ESPCI ParisTech ouvre-t-elle les portes ?
8. Quelles expériences internationales peut-on acquérir à l’ESPCI ParisTech ?
9. J’ai d’autres questions : qui puis-je contacter ?
1. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de chimie ?
Oui… mais pas majoritairement.
L’enseignement de tronc commun (deux premières années) est pluridisciplinaire avec de la chimie, mais aussi de la physique, de la biologie, des mathématiques et méthodes numériques et des enseignements de langues et socio-économiques. Répartition des horaires d’enseignement entre les grands champs disciplinaires dans les deux premières années du cursus.
En troisième année, trois dominantes sont offertes aux étudiants : chimie, physico-chimie et physique.
2. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de physique ?
Oui… mais pas seulement. Les enseignements de physique sont majoritaires dans le tronc commun des deux premières années et les spécialisations de troisième et quatrième année permettent aux étudiants qui le désirent de s’engager dans la physique fondamentale. Toutefois, même les physiciens forcenés devront apprendre les bases de la synthèse organique, de la stabilité colloïdale et de l’amplification d’un gène.
3. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de biologie ?
Pas vraiment, mais… Les enseignements de biologie sont clairement minoritaires dans le cursus. L’école n’a pas pour ambition de former des biologistes, mais plutôt des ingénieurs ayant une culture suffisante en biologie pour pouvoir dialoguer efficacement avec des biologistes et des médecins. En effet, il y a de vastes champs de recherche et d’innovation technologique aux interfaces entre physique et chimie d’une part, biologie et médecine d’autre part. Les avancées dans ces domaines sont menées par ceux qui possèdent ces doubles cultures.
4. L’ESPCI ParisTech est-elle une école de recherche ?
Oui… mais dont les diplômés font majoritairement carrière dans l’industrie. Le i comme industrielles rappelle que l’école forme avant tout des ingénieurs qui font leur carrière dans l’industrie. Mais la formation se fait en liaison étroite avec le centre de recherche de l’École et, actuellement 2/3 des diplômés complètent leur formation par une thèse. De ce point de vue l’école se place sur le standard des grandes universités étrangères dont le diplôme final est le doctorat et des grandes entreprises qui embauchent des docteurs pour leurs centres de recherche. Une fraction non négligeable des diplômés font une carrière en recherche fondamentale, au CNRS ou bien à l’université, en particulier dans les domaines d’excellence de l’école que sont les polymères, la biophysique, etc.
5. L’ESPCI ParisTech est-elle une école d’ingénieurs ?
Bien sûr… mais pas seulement. La vocation première de l’école est de former des cadres pour l’industrie, mais elle le fait en menant toujours de front recherche fondamentale et recherche appliquée. Comme le rappelait le grand physicien Paul Langevin, directeur de 1925 à 1946 : "Pour le jeune ingénieur, les détails de la technique actuelle s’apprendront à l’usage d’autant plus rapidement que les idées générales seront plus claires et la méthode de recherche et d’observation plus familière. Ici comme toujours, l’esprit vaut plus que la lettre" .
6. L’ESPCI ParisTech, est-ce « TP-land » ?
Pendant les deux premières années, les élèves-ingénieurs passent quatre demi-journées par semaine dans l’un des laboratoires de recherche du campus. Cette pratique expérimentale intense se traduit par un savoir-faire hors pair, qui est véritablement la marque de fabrique des ingénieurs ESPCI : à la sortie de l’École, il n’y a guère de technique moderne qui leur soit étrangère. Par suite, confrontés à un problème pratique, un ingénieur ESPCI n’aura aucune difficulté à s’y atteler pour y apporter une solution concrète, fonctionnelle et fiable. D’expérience, les industriels sont méfiants des belles idées qui marchent à merveille… sur le papier. Ils apprécient tout particulièrement l’autonomie des ingénieurs ESPCI et le fait qu’ils soient immédiatement opérationnels. De fait, 3 ans après leur sortie d’École, les salaires des ingénieurs ESPCI se démarquent nettement de ceux de leurs homologues issus d’autres écoles d’ingénieurs prestigieuses ; ils rivalisent même avec ceux des meilleurs.
La pratique expérimentale a d’autres vertus : contrairement aux cours en amphi qui s’appuient sur des méthodes d’apprentissage passif, les travaux de laboratoire favorisent une démarche active, curieuse, engagée et pragmatique. Ils favorisent également l’observation et l’intuition, deux qualités rares (et prisées) qui peuvent s’avérer décisives pour les industriels. Cette démarche, qui consiste à comprendre « comment ça marche », est d’ailleurs au coeur même de l’ingénierie : découvrir les phénomènes par ses propres mains est le meilleur moyen pour en comprendre les mécanismes (parfois, d’ailleurs… ingénieux). Deux arguments supplémentaires militent pour cette pédagogie du « savoir-faire ».
En premier lieu, l’information et les connaissances, en un mot le « savoir » est devenu une commodité de plus en plus accessible et partagée : à l’heure de la banalisation d’internet, il est possible, pour celui qui sait mener une recherche pertinente sur le web, de se déclarer expert sur presque n’importe quel sujet. A mesure que le savoir devient « monnaie courante », le savoir-faire, en revanche, gagne en valeur par sa rareté et devient « ce qui fait la différence ». Par suite, les ingénieurs ESPCI, justement reconnus pour leur savoir faire, bénéficient ainsi d’un véritable avantage et d’un atout unique. Enfin, le savoir-faire est au coeur de la propriété industrielle : les brevets revendiquent une technologie, et non une science, ils ont pour objet de protéger un savoir-faire plutôt qu’un savoir. Cette culture particulière n’est certainement pas étrangère au fait que les chercheurs de l’ESPCI ParisTech déposent en moyenne 1 brevet par semaine. Par suite, les ingénieurs de l’École sont particulièrement bien positionnés pour devenir des inventeurs et des pionniers.
7. De quel type de carrière l’ESPCI ParisTech ouvre-t-elle les portes ?
La solide culture générale dispensée dans le tronc commun et la grande liberté de choix dans la spécialisation de quatrième année permet d’envisager des carrières très diverses. Les ingénieurs ESPCI sont particulièrement appréciés dans les industries de haute technologie où ils apportent leur culture scientifique et leur savoir-faire expérimental. Les ingénieurs ESPCI peuvent accéder à des postes de responsabilité très importants, que ce soit dans l’industrie ou dans le secteur public. En voici quelques exemples :
Marie-Laure Pochon (ESPCI 1982), et titulaire d’un MBA de HEC (ISA), a mené toute sa carrière dans l’industrie pharmaceutique. Entre 1983 et 1995, elle occupe différents postes chez Merck, Sharp & Dohme-Chibret. De 1995 à 1999, elle est en charge chez Pfizer de la Direction de la Business Unit Cardiologie, Diabétologie, Psychiatrie. En 1999, elle devient Président Directeur Général de Schwarz Pharma France, fonction qu’elle occupera jusqu’en 2007. Depuis 2007, Marie-Laure Pochon est à la tête de Lundbeck SAS, au titre de Directeur Général.
Philippe Goebel (ESPCI 1976) débute sa carrière chez Atochem en 1980, devient directeur Économie, plan et stratégie en 1991 puis directeur de l’activité Intermédiaires organiques de synthèse en 1995. En 2001, après la fusion des activités chimiques de Total, PetroFina et Elf, il est nommé membre du Comité de direction Chimie et membre du Comité directeur de Total. D’octobre 2004 à mai 2008, Philippe Goebel est directeur général de l’un des pôles d’activités d’Arkema En 2008, il est nommé président directeur général de Total Petrochemicals.
Philippe Vannier (ESPCI 1984). Il débute sa carrière chez Michelin Amérique du Nord en tant que responsable qualité puis responsable de production. De 1996 à 2004, Philippe Vannier dirige Chelton Telecom & Microwave (Groupe Cobham). De 1988 à 1996, il occupe plusieurs fonctions de direction au sein de Saft, la filiale d’Alcatel spécialisée dans le stockage d’énergie. En 2004, il prend la présidence de Crescendo Industries et d’Amesys, société spécialisée dans le développement de systèmes électroniques de hautes technologies acquis en janvier 2010 par Bull. Depuis 2010 Philippe Vannier est le Président-Directeur Général de la société Bull.
Agnès Paillard (ESPCI 1984). Elle débute sa carrière chez IBM puis devient directrice générale de SERMA technologies en 1995. Elle est à partir de 2002 directrice générale adjointe chargée du développement économique, de la recherche et du développement durable au conseil régional d’Aquitaine. En 2009 elle est nommée directrice générale du pôle de compétitivité Aerospace Valley, premier bassin d’emplois européen dans le domaine de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués. En 2011, elle devient vice-présidente d’EADS France en charge de la recherche et de la technologie.
Daniel Lincot (ESPCI 1978). Il travaille sur la synthèse de cellules photovoltaïques à base de tellurure de cadmium durant sa thèse au Laboratoire de physique des solides du CNRS de Bellevue. Il entre au Laboratoire d’électrochimie analytique et appliquée de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Paris et travaille sur la photoélectrochimie des semiconducteurs. Il met au point la synthèse de couches minces de sulfure de cadmium et de diséléniure de cuivre et d’indium (CIS) en milieu aqueux. Ces dernières sont utilisées dans des cellules solaires très performantes qui présentent des rendements records. EDF lui demande, avec le CNRS et Chimie ParisTech, de superviser la création d’une filière de production par électrolyse de cellules solaires en couches minces à base de CIS. En 2005, Daniel Lincot crée avec Olivier Kerrec d’EDF, l’Institut de Recherche et Développement sur l’Énergie Photovoltaïque, un laboratoire mixte entre EDF, le CNRS et Chimie ParisTech qui s’installe au centre de recherche EDF à Chatou.
Pierre Papon (ESPCI 1962) a été directeur général du CNRS de 1982 à 1986 et président directeur général de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER) de 1989 à 1995. Il est président de l’Observatoire des sciences et des techniques depuis 1990, membre du conseil d’administration et du conseil scientifique de la Fondation Res Publica et préside depuis 2007 le Forum Engelberg qui réunit des conférences sur les questions de science, de technologie, d’économie et d’éthique.
8. Quelles expériences internationales peut-on acquérir à l’ESPCI ParisTech ?
Les étudiants ont plusieurs opportunités d’acquérir une expérience internationale :
d’abord lors du stage industriel en début de troisième année : plus de la moitié des étudiants effectuent ce stage, long d’au mois quatre mois, à l’étranger,
le projet de recherche en laboratoire de fin de troisième année, d’une durée de deux à trois mois, peut être effectué soit dans une de nos universités partenaires :
Imperial College et Université de Cambridge au Royaume-Uni,
Massachussets Institute of Technology (MIT), Université d’Harvard,
Université de Princeton, Université Northwestern (Chicago) aux Etats-Unis,
Universités Doshisha (Kyoto) et Hokkaido (Sapporo) au Japon,
l’université de Singapour,
ETH Zürich en Suisse,
l’université d’Aachen et l’université d’Iéna en Allemagne,
et dans d’autres universités étrangères par le biais de collaborations directes entre laboratoires de recherche (par exemple, en 2010 des étudiants sont partis à l’université de Munich et au King’s college de Londres dans ce cadre),
la quatrième année de scolarité peut être effectuée à l’étranger, par exemple un master dans le cadre du programme ERASMUS.