À la fin du 19e siècle, suite à l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine par l’Allemagne, la France perd sa meilleure Ecole de chimie, qui était l’École de Chimie de Mulhouse. Un industriel alsacien, Charles Lauth , tente dès 1878 d’obtenir des pouvoirs publics la création d’une Grande École. Celle-ci aura non seulement pour vocation de pallier le manque de cadres de haut niveau en chimie, mais également de fournir à ses élèves une culture scientifique suffisamment vaste pour pouvoir s’adapter aux mutations technologiques rapides de la révolution industrielle.
L’École de Physique et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris voit le jour en 1882 , prendra le nom d’ESPCI en 1948 et le nom actuel d’ESPCI ParisTech en 2008. Dès la fondation de l’École, ses créateurs ont insisté sur la pluridisciplinarité de la formation dispensée à l’École ; l’introduction de l’enseignement de la biologie en 1994 n’en est que la continuité.
Le Conseil de la Ville de Paris a voté la gratuité de l’enseignement à l’ESPCI, et ce depuis son origine, ce qui ouvre les portes de l’École à toutes les classes sociales de la population.
Pierre et Marie Curie " Je désire rappeler que nous avons fait toutes nos recherches à l’École de Physique et de Chimie de la Ville de Paris. Dans toute production scientifique, l’influence du milieu dans lequel on travaille a une importance très grande et une partie des résultats est due à cette influence. […] Les professeurs de l’École de Physique et de Chimie, les élèves qui en sortent constituent un milieu bienfaisant et productif qui m’a été très utile. C’est parmi les anciens élèves de l’École que nous avons trouvé nos collaborateurs et nos amis. Je suis heureux de pouvoir, ici, les remercier tous. "
Pierre Curie, conférence à la Sorbonne du 18 février 1904.
Pierre-Gilles de Gennes En 1976, Pierre-Gilles de Gennes devient Directeur de l’École après Georges Champetier (41e promotion, Académie des Sciences 1960). Il reçoit le Prix Nobel de Physique en 1991. Georges Charpak est nommé professeur associé en 1980 et reçoit le Prix Nobel de Physique en 1992.